Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 20 février 2026 à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
Donald Trump a annoncé samedi faire passer ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10 à 15% "avec effet immédiat", en réponse au revers majeur infligé la veille par la Cour suprême à sa politique commerciale agressive.
"En tant que président des États-Unis d'Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10%", annoncés la veille, "au niveau pleinement autorisé (...) de 15 %", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
Cette augmentation est fondée sur un "examen approfondi" de la décision de vendredi de la plus haute cour américaine, a-t-il indiqué, la qualifiant une nouvelle fois de "ridicule" et d'"extraordinairement anti-américaine".
Après s'être déchaîné la veille contre les juges de la Cour suprême ayant mis à bas une grande partie de ses droits de douane, il avait annoncé avoir signé depuis le Bureau ovale un décret imposant cette nouvelle taxe douanière mondiale de 10%.
Ce dernier devait entrer en vigueur le 24 février, pour une durée de 150 jours, avec des exemptions sectorielles notamment pour l'industrie pharmaceutique ainsi que pour les biens entrant aux Etats-Unis dans le cadre de l'accord Etats-Unis-Mexique-Canada, avait précisé la Maison Blanche dans un communiqué.
Ce nouveau taux s'applique aux pays ou blocs ayant signé des accords commerciaux avec Washington, tels que l'Union européenne (UE), le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.
- "Contrepouvoirs" -
Les partenaires commerciaux des Etats-Unis ont réagi avec prudence, mais intérêt, à l'annonce de la décision de la Cour suprême.
Le président français, Emmanuel Macron, s'en est félicité samedi, jugeant "bien" qu'il y ait "des pouvoirs et des contrepouvoirs dans les démocraties".
"Nous voulons continuer à exporter (...) et le faire avec les règles les plus loyales qui soient (...) et ne pas subir des décision unilatérales", a-t-il déclaré, estimant qu'il fallait "être dans une logique d'apaisement".
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a lui affirmé samedi vouloir mener des discussions avec ses alliés européens afin de trouver une réponse commune avant une rencontre avec le président Donald Trump à Washington.
"Nous aurons une position européenne très claire à ce sujet, car la politique douanière relève de l'Union européenne, et non des États membres de façon individuelle", a-t-il déclaré à la chaîne allemande ARD.
Par une majorité de six juges sur neuf, la Cour suprême américaine a tranché vendredi que Donald Trump ne pouvait pas justifier ces droits de douane par une nécessité d'urgence économique.
Un avis tranché d'autant plus remarquable qu'elle est composée en majorité de juges conservateurs et qu'elle est plusieurs fois allée dans le sens du républicain.
Donald Trump avait imposé ces surtaxes douanières en s'appuyant sur un texte de 1977 autorisant théoriquement l'exécutif à agir dans le domaine économique sans aval préalable du Congrès dès lors qu'une "urgence économique" était identifiée.
Or, selon le président de la Cour, John Roberts, le président doit "justifier d'une autorisation du Congrès claire" pour mettre en place des droits de douane.
- Remboursements -
Cette décision ouvre la voie à de possibles remboursements des surtaxes déjà payées par les entreprises.
Interrogé à ce sujet vendredi, le président américain a souligné que cette question n'avait "pas été abordée" par la Cour et estimé qu'elle occuperait les tribunaux pendant des années.
Les droits de douane collectés par les autorités américaines et visés par la décision de la Cour suprême ont dépassé 130 milliards de dollars en 2025, selon des analystes.
Un des juges dissidents, Brett Kavanaugh, a notamment justifié sa position par le fait que la décision "ne dit rien sur la manière dont le gouvernement devrait procéder pour rembourser les milliards collectés".
Les droits de douane visaient les pays avec lesquels les Etats-Unis affichaient un déficit commercial dans les échanges de biens.
L'objectif de Donald Trump était aussi de fournir des ressources supplémentaires à l'Etat fédéral pour compenser des baisses d'impôts.

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